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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 08:09

Je pensais écrire un article sur ce sujet, mais ce serait enfoncer des portes ouvertes que de dire que les "élus", entendez "l'élite de la nation", qu'ils soient politiques, patrons de grande entreprise, acteurs connus, sportifs adulés, chanteurs respectés ou autres familiers de ceux-ci, ont des droits que les autres n'ont pas.

 

liliane_bettencourt_david_pujadas_presentateur.jpg

 

Donc finalement, voilà une reprise du fameux texte humoristique écrit il y a un peu plus de 200 ans, connu sous le nom de Déclaration universelle des droits de l'Homme et du Citoyen... arrêtez de rire !

 

Je dédie ce texte à Henri Guaino...

 

Article premier

Les hommes naissent et demeurent normalement libres. Et grâce à la fortune de la naissance, supérieurs en droits. Les distinctions sociales ne sont fondées que sur l'utilité des intérêts. Les plus chanceux, faux-culs et débrouillards, feront partie de l'élite de la nation.

Article II

Le but de toute association politique est la conservation des intérêts privés et imprescriptibles des privilégiés. Ces droits sont la liberté de profiter, la propriété gratuite, la sûreté d'un revenu supérieur dû à vie et la résistance à l’oppression des autres.

Article III

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans le Pouvoir. Tout individu ou corps peut exercer une autorité si tant est qu'il en est les moyens.

Article IV

La liberté consiste pour les privilégiés à pouvoir faire tout ce qui est possible, sans tenir compte des lois déjà votées pour les autres : ainsi l’exercice de la liberté est subordonné aux intérêts des Membres éminents de la Société, qui ont seuls la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que pour le bien-être des privilégiés et de leurs amis.

Article V

La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles aux intérêts des mieux placés. Tout ce qui est interdit par la Loi n'est bon que pour le vulgus pecum. Les autres, ceux qui sont au-dessus de la Loi, ne peuvent être empêchés, et nul ne peut les contraindre à faire ce qu’elle ordonne.

Article VI

La Loi est l’expression de la volonté de quelques-uns. Les Citoyens n'ont pas la possibilité d'y concourir personnellement, mais uniquement les Représentants dûment cooptés, à sa formation. Elle doit normalement être la même pour tous, mais la distinction par l'intérêt économique ou politique est à prendre en compte, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Presque tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur naissance, compte en banque et amis des parents, et sans distinction de vertus ni de  talents.

Article VII

Tout homme peut être accusé, arrêté, détenu, dans tous les cas déterminés par ceux qui font la Loi, et selon les formes qu'ils ont prescrits. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, recevront une augmentation et ne seront pas punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance, surtout si cela porte atteinte aux intérêts des privilégiés ou de leurs amis.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires aux intérêts des plus chanceux, et tous les autres ne doivent être punis qu’en vertu des Lois établies et promulguées antérieurement au délit, ou tout autre moment, et légalement appliquées, mais aussi selon les intérêts supérieurs des privilégiés ou de leurs amis.

Article IX

Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, à moins que pour satisfaire la presse écrite ou audiovisuelle, il peut être jugé indispensable de faire mousser l'affaire afin d'écarter le peuple des vraies réalités. Donc il faudra l’arrêter, en toute rigueur qui serait nécessaire pour s’assurer un plan communication digne de ce nom. Il devra être sévèrement puni par la Loi.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, surtout si elles vont dans le même sens que celles des privilégiés, même les opinions religieuses, sportives, tirage du loto, date de mariage, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. Les révolutions sont interdites sans autorisation.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme, c'est pour cela qu'il coûte cher et n'est donc réservé qu'aux meilleurs : tout Citoyen doit donc lire, regarder, écouter obligatoirement et uniquement les médias désignés à cet effet, dans les cas déterminés par la Loi et le programme télé.

Article XII

La garantie des droits des uns et de leurs amis nécessite une force publique : cette force est donc subordonnée pour l’avantage des uns, et non pour l’utilité de tous.

Article XIII

Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être uniquement répartie entre tous les non chanceux, selon un barème fixé par les privilégiés et leurs amis. Ces derniers peuvent à tout moment décider de devenir Citoyen du monde afin d'être libéré de cette obligation, qui après tout n'est destinée qu'au vulgus pecum et non à l'élite de la nation.

Article XIV

Nul Citoyen normal n'a le droit de constater, par lui-même, la nécessité de la contribution publique. Il doit la consentir librement et obligatoirement, d’en suivre l’emploi strictement sans chercher à donner moins, seuls les plus fortunés ont le droit de calculer eux-mêmes ce qu'ils désirent donner à la communauté, en déterminant la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Article XV

Les privilégiés et leurs amis uniquement ont le droit de demander des comptes à tout Agent public, de son administration, tout contrevenants se verra mis au pilori dans les médias dûment assermentés.

Article XVI

Toute Société dans laquelle la garantie des revenus n’est pas assurée, ni la préservation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Article XVII

La propriété étant un droit inviolable et sacré et réservé aux moins démunis, les plus fortunés ne peuvent en être privé, même lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’aurait exigé évidemment, ou alors sous la condition d’une rétribution exceptionnelle décidée par le propriétaire lui-même.

 

Dessin de Denis - Texte de Léonce

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Published by LeCitoyenMarcel
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commentaires

Mareult 08/09/2013 16:56


Bien vu !

LeCitoyenMarcel 09/09/2013 07:52



Merci Mareult !